« La Horde du contrevent » de Henninot Eric.
Golgoth, 9e du nom, traceur de la Horde, il ne murmure pas à l’oreille des tempêtes, mais il leur hurle dessus ! Il aurait pu vous dire ceci afin de vous convaincre d’emprunter cette œuvre (en plein forme, comme d’habitude) : Écoute moi- bien : l’Amont ça ne se mérite pas avec des « peut-être ». Si tu crains d’avoir un peu de poussières dans tes bulles et les yeux qui piquent, retourne lire tes notices de meubles suédois. Ici, on contre, on bave, et on avance ! Allez, tourne la page, ou je te trace un sillage direct vers la sortie à coups de pompes !
Sur une planète balayée par des vents perpétuels et violents, la 34e Horde du Contrevent (un groupe de 23 élites formées depuis l’enfance) entame une quête épique.
La horde est un groupe où chaque membre est indispensable (le traceur, le scribe, le ménestrel, les protecteurs…). La BD retranscrit parfaitement cette tension permanente : la lutte contre un élément brut, la quête d’un but peut être illusoire (l’Extrême-Amont) et les sacrifices nécessaires pour que le groupe continue d’avancer.
Leur mission : Marcher à pied face au vent, sans jamais opérer un demi-tour, pour atteindre l’hypothétique Extrême-Amont, la source du vent. À travers des terres hostiles, ces hommes et femmes luttent ensemble contre les tempêtes et l’épuisement pour percer le mystère de leur monde.
Je vous invite à lire absolument cette série Bd « La horde du contrevent » pour 3 raisons :
- Visualiser l’invisible : le vent.
Le défi majeur de cette Bd était de dessiner ce qui ne se voit pas. Henninot réussit magistralement à rendre le vent omniprésent et organique. Par le mouvement des vêtements, les postures courbées des personnages et le choix des couleurs (réalisées avec Gaetan Georges), on ressent physiquement la puissance des bourrasques, du simple Zéphir au terrifiant Furvent. C’est une expérience immersive rare où le dessin devient « sonore » et sensoriel.
- Une porte d’entrée plus accessible à l’univers.
Le roman original est célèbre pour sa complexité, son alternance de 23 points de vue et ses jeux de mots philosophiques.
Pour les néophytes : La BD épure l’intrigue pour se concentrer sur l’action et la dynamique du groupe. C’est une excellente façon de découvrir cette épopée sans être intimider par la densité du texte de Damasio.
Pour les fans du livre : Voir les visages de Golgoth, Sov ou Caracole donne une nouvelle dimension à la horde. L’adaptation est une « Trahison réussie » : elle reste fidèle à l’esprit tout en s’appropriant le récit (notamment en faisant évoluer certains personnages plus tôt).
- Une épopée humaine et philosophique profonde.
Au-delà de la science-fiction, c’est une histoire sur la solidarité et le