Quelques temps après la sortie de « Miles Ahead », Miles Davis est invité à Paris pour une série de concerts.
Dès son arrivée à Orly, il lui fût proposer de signer la musique du premier long métrage de Louis Malle : « Ascenseur pour l’échafaud ».
Miles Davis, qui n’a jamais composé pour le cinéma, accepte de relever le challenge. La séance d’enregistrement eut lieu la nuit du 4 au 5 décembre, après le visionnage de quelques extraits car, Louis Malle expliqua aux musiciens que « la musique devait être en net contrepoint de l’image ». Trois heures à peine suffirent pour enregistrer une cinquantaine de minutes de musique, qui repose en majorité sur de l'improvisation.
De nombreuses légendes courent sur l’enregistrement de la musique d’Ascenseur pour l’échafaud. A commencer par celle propagée par Boris Vian dans les notes de pochette de l’album : à savoir que la lèvre de Miles Davis était fendue, ce soir du 4 décembre 1957, et que le musicien saignait sur sa trompette. Détaché de sa lèvre, un morceau de peau obstruait l’embouchoir de son instrument et expliquerait la sonorité si particulière de cette bande originale.
Miles Davis, qui n'est pas un spécialiste dans le domaine de la musique de films, va toutefois parvenir à synthétiser l'atmosphère de ce film noir en usant d'un jazz dont il a le secret. Sa musique évoque l'émotion humaine avec sa trompette d'une manière folle.
Aujourd'hui, la BO d'Ascenseur pour l'échafaud est devenue une référence dans l'histoire des musiques de films !
Coup de cœur de Rémi - Bouchain