On l’oublie, mais l’art et la littérature ont été au programme des Jeux de 1912 à 1948. Comment y sont-ils entrés, pourquoi en sont-ils sortis ?
Dans un essai érudit et amusant, Louis Chevaillier exhume cette page méconnue de l'histoire du sport. Champion de tir au pistolet mais aussi auteur sous pseudonyme d’un roman autobiographique, Pierre de Coubertin rêve de recréer le mélange qui prévalait dans l’Antiquité, lors des Jeux pythiques, avec leurs concours d’athlétisme, de flûte et de -dithyrambe.
En littérature, tous les textes devaient être déposés au siège du comité olympique français. Et comme pour toutes les compétitions, il y avait des règles. Les pièces lyriques, dramatiques ou romanesques doivent être inspirées du sport. Limite : 1000 vers pour la poésie, 20 000 mots pour la prose, soit l’équivalent d’un petit livre.
Et aux JO de 1924, les jurés pour les lettres s’appellent Jean Giraudoux, Paul Claudel, Paul Valéry ou la romancière Edith Warthon. Parmi les concurrents, Henry de Montherlant et Robert Graves.
Pourtant, l’étonnante aventure s’achève sur une défaite. Pierre de Coubertin (1863-1937) espérait faire monter les écrivains plus vite, plus haut, plus fort, ensemble, suivant la devise olympique. Ce fut un échec. Textes rares et médiocres, lauréats mécontents, polémiques : n’ayant jamais décollé, le concours a fini par disparaître.
Pascale - Médiathèque des Encres \ Saint-Amand-les-Eaux