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Trith Saint Léger - Adultes

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La troublante et très étrange aventure de Maître Pasquier Alard De Philippe VALCQ (Miroirs Editions, 1992)

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maitre pasquier alardLa vieille ville de Montreuil-sur-Mer, sertie dans ses remparts et fière de son patrimoine historique, ne semble plus vivre aujourd'hui que du tourisme durant la belle saison. Au fil des siècles, la mer toute proche, qui lui avait permis d'avoir une activité portuaire intense et donc de la prospérité, s'est éloignée progressivement jusqu'à l'actuelle ville du Touquet. Montreuil fut, durant une partie du Moyen-Age, le seul débouché maritime direct pour la monarchie française (elle appartenait, en effet, au domaine royal).

 

Si Victor Hugo la fit revivre dans « Les Misérables », un autre auteur beaucoup plus contemporain mais peu connu dans notre Région, en fit le décor haut en couleurs d'un roman publié en 1992 par Miroirs Editions. Il s'agit de Philippe Valcq. Un vrai roman d'aventures dont l'action se situe à la fin du 16ème siècle, à mi-chemin entre « Fortune de France » de Robert Merle et « Da Vinci Code » de Dan Brown, à mi-chemin entre un Moyen-Age qui se prolonge et l'époque des rois absolus (Louis XIV, Louis XV...).

Ce livre est écrit comme un roman feuilleton dans la lignée de ceux d'Eugène Sue, de Michel Zévaco, d'Alexandre Dumas où les rebondissements de l'intrigue attendent le lecteur pratiquement à chaque détour du récit.

 

L'auteur, originaire de Tourcoing, est installé à Montreuil-sur-Mer depuis 1972. Passionné par le passé de sa ville d'adoption, il la connaît dans ses moindres recoins. Depuis la fin des années 1970, il publie régulièrement les résultats de ses recherches historiques « Les rues de Montreuil », « Les moulins du pays de Montreuil »...). Auteur également de sept romans, de recueils de nouvelles et de contes, scénariste de bande dessinée, etc... Ses talents sont multiples, tout entier au service d'une ville et de ses alentours qui lui sont chers.

 

Nous sommes en novembre 1587. Maître Pasquier Alard, tabellion royal (équivalent de notaire), mène une vie paisible dans un contexte extrêmement troublé. Depuis près de trente ans, les guerres de religion ensanglantent la France. La ville de Montreuil n'y échappe pas. Elle est partagée entre trois factions rivales : les protestants (huguenots) qui rêvent de la prendre d'assaut, les ultra-catholiques (autour du duc de Guise) qui ne cessent de comploter et les loyalistes (partisans du roi Henri III) qui gèrent la ville.

 

Un soir de ce mois de novembre 1587, maître Pasquier Alard se rend discrètement chez le mayeur (maire) de Montreuil suite à l'invitation qui lui fut adressée. Quelle ne fut pas sa surprise en y découvrant la présence de fortes personnalités de la noblesse locale et du clergé catholique (dont l'évêque de Boulogne-sur-Mer, chassé de sa ville par les huguenots et réfugié à Montreuil) venant lui demander son concours pour deux missions à la fois très délicates et très confidentielles. Fortement impressionné, notre héros ne put qu'accepter la peur au ventre...

 

Entre le 9 novembre 1587 et janvier 1589, maître Pasquier Alard ne fut plus maître de son destin. Il risqua cent fois la mort et cent fois y échappa de justesse. De multiples péripéties lui firent côtoyer le monde de l'alchimie, de la sorcellerie et de l'ordre des Templiers (pourtant disparu au 14ème siècle non sans avoir lancé des malédictions). Un mélange particulièrement détonnant ! La recherche de l'immortalité et de l'extrême richesse était encore capable de susciter des âmes damnées.

 

Dans cette ambiance de folie, de destruction et de mort, le lecteur est aussi invité à une découverte du vieux Montreuil dont maints bâtiments sont encore debout de nos jours. Cryptes, passages secrets y abondent : véritables témoins d'une dure époque où l'insécurité régnait. Certains d'entre eux ont longtemps conservé leurs mystères jusqu'à la Révolution Française comme la Chartreuse de Neuville-sous-Montreuil. Ainsi qu'il est précisé sur la quatrième page de couverture : « C'est un livre à lire le soir ou la nuit, au coin du feu, quand le vent de Septentrion balaie le Vieux Pays, à l'heure où le bois craque, quand les arbres reprennent leur forme d'êtres damnés et que la terre se souvient... ». Alors que l'automne se profile, une passionnante lecture vous est proposée. Dépaysement garanti ! A noter que ce livre peut être lu dès l'adolescence, malgré de nombreuses scènes violentes inévitables dans ce type de roman historique.

 

La Tondue de Guy CROUSSY - (Grasset, 1980).

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la tondueUN ENFANT FACE A L’INJUSTICE

 

C'est toujours dans notre région Nord-Pas-de-Calais que nous allons à la rencontre, ce mois-ci, d'un écrivain originaire de Pierremont (Pas-de-Calais) où il est né le 20 janvier 1937. Après avoir entamé des études universitaires, il doit les interrompre brutalement pour faire son service militaire en Algérie, dans la montagne kabyle, avec tous les risques que l'on devine dans les circonstances que l'on sait... Cette période de guerre lui inspirera deux romans : « Ceux du djebel » (éditions du Seuil, 1967) et « Ne pleure pas, la guerre est bonne » (éditions Julliard, 1975). A son retour dans la vie civile, il poursuit ses études, devient Docteur ès Lettres et voyage dans tous les pays d'Europe et aux U.S.A. Depuis la publication de son premier roman « La noche » (éditions du Seuil, 1965), Guy Croussy reçoit des consécrations littéraires : prix de la fondation Cino Del Duca en 1967, prix Roland Dorgelès en 1975...

 

Actuellement retraité, Guy Croussy a été enseignant à l'Université de Lille I. Ses dernières publications délaissent quelque peu le roman et font une part plus belle aux essais et à des ouvrages techniques (notamment sur la communication audio-visuelle et ... sur la famille royale de Grande-Bretagne).

Pendant plus d'un quart de siècle (de 1965 jusqu'aux années 1990), G. Croussy a livré à son nombreux public une œuvre romanesque marquée par sa propre expérience de la vie, de l'enfance à l'âge mûr. L'enfance avec « les bleuets » (éditions Julliard, 1974), la jeunesse avec « Ne pleure pas, la guerre est bonne » déjà cité et l'âge adulte avec « Le loup-cervier » (éditions Julliard), adapté à la télévision en septembre 1979 par Alain Dhouailly, et « La concession de la providence » (éditions Julliard, 1978).

 

« La tondue » pose le problème de la situation de détresse d'un enfant face à une cruelle injustice subie par sa mère. Au lendemain de la Libération, en 1944, une femme prénommée Marie est tondue devant les élèves de l'école primaire d'un village du Nord. Parmi les enfants présents se trouve son fils Manuel.

Le roman raconte l'histoire de cet enfant choqué et traumatisé, la honte qui s'abat sur son grand-père cordonnier Virgile Dommage malgré les efforts louables du maire du village, M. Buisson, pour réhabiliter Marie. En fait, Marie avait été résistante, tout comme son père Virgile et son mari, Michel Prudente, fusillé par les nazis. Mais, parce qu'elle avait, paraît-il, soigné un soldat allemand blessé et qu'elle paraissait à ses concitoyens trop « distante » et trop « fière », elle fut considérée comme une « chèvre-émissaire ».

 

Peu après, Manuel fut tondu à son tour et molesté. Contraints de quitter le village et la région, Marie et Manuel connaîtront des tribulations diverses. Marie ira se faire oublier dans une grande ville en essayant tant bien que mal de gagner sa vie sous la protection de son père Virgile qui sera son ange gardien ; quant à Manuel, il se retrouvera à « la Colonie », une institution pour pupilles qui ressemble davantage à une maison de redressement, un bagne pour enfants. Du fait de sa bonne conduite, Manuel sera placé brièvement chez les Fleury, un couple de bourgeois sinistres, et plus longuement chez un couple de mariniers à la fois taciturnes et bohêmes, les Fernez. Mais, Myrtil Fernez est incarcéré la suite de malversations et Manuel est obligé de regagner « la Colonie ».

Plus pour longtemps car, suite à une enquête de l'Assistance Publique, le directeur de l'institution surnommé « le phoque » est démis de ses fonctions.

 

Hélas, Virgile, le protecteur, meurt subitement. Au cimetière, en compagnie de sa mère auprès de qui il va revivre, Manuel se rend brusquement compte que son grand-père ne sera plus à ses côtés, que son enfance est terminée et qu'il va devoir grandir très vite...

 

Ce roman, tout en demi-teintes, laisse suggérer les ambiances plus qu'il ne les décrit. Tout apparaît entre les lignes ; les silences sont éloquents. Au sein d'un monde impitoyable et dur, les personnages rusent avec le sort qui est le leur mais semblent, d'autre part, très fatalistes.

 

En plus des ouvrages précédemment cités, la Médiathèque Gustave-Ansart de Trith-Saint-Léger propose d'autres romans : « Le chasseur de têtes » (éditions Grasset, 1979), l'histoire d'une ascension sociale, « le sphinx » (éditions du Seuil, 1984) sur le thème de la fascination exercée par un super P.D.G. sur ses subordonnés et « Pauvre Pomme » (éditions de Fallois, 1998) sur le thème de l'inadaptation sociale d'un enfant.

 

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