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Trith Saint Léger - Adultes

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La courte paille par Michel FRANCEUS - (éditions WESTHOEK, 1984)

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la courte pailleUn récent rangement des réserves de la Médiathèque a permis de retrouver un des rares romans édités par la maison d'édition dunkerquoise Westhoek fondée par Jean Denise, un passionné des arts et traditions populaires de notre région. Peu après sa naissance à la fin des années 1970, cette petite structure se développa rapidement, non seulement par des rééditions d'ouvrages anciens d'histoire locale, devenus introuvables depuis longtemps, mais aussi par des ouvrages originaux sur les mentalités populaires (fêtes et jeux notamment) jusqu'alors peu étudiés. Certains d'entre eux, très illustrés par des reproductions de cartes postales anciennes ou des photographies originales, ont connu une large diffusion.

 

La redécouverte des racines régionales (création du Conseil Régional en 1982) dans un contexte économique et social très difficile et le lancement des journées du Patrimoine (depuis 1980) ont sans doute concouru à ce succès. Ajoutons, pour notre part, que le besoin de retrouver ses racines (sans vaine nostalgie, bien sûr !) peut aussi contribuer à maintenir un minimum de cohésion sociale.

 

Il faut souligner que ces ouvrages bénéficiaient d'une présentation soignée (cahiers cousus, papier de fort grammage, pour certains : tirage numéroté et reliure cuir...). Soutenues par le Conseil Régional Nord-Pas-de-Calais, les éditions Westhoek sont devenues les éditions des Beffrois à la fin des années 1980 avec sa collection d'histoire des Villes du Nord-Pas-de-Calais dont la grande qualité des textes fait toujours autorité. Leur disparition dans le courant des années 1990 laissa beaucoup de regrets et reflète la fragilité de l'activité éditoriale dans notre région si elle n'est pas très fortement soutenue par les pouvoirs institutionnels (Région, Département, Villes).

 

Dans le petit catalogue des romans édités par les éditions Westhoek, Michel Franceus côtoyait des noms connus comme André Pierrard ou Jean-Marc Chotteau. Michel Franceus est quasiment inconnu en France alors que sa notoriété littéraire reste forte dans le Hainaut belge. En effet, Michel Franceus est né en 1949 à Hérinnes (au nord de Tournai, sur l'Escaut, à proximité immédiate de la frontière linguistique avec la Flandre). Professeur de lettres à Mouscron, il s'occupa d'une chronique culturelle au quotidien « Le Courrier de l'Escaut » dans les années 1980. Poète, romancier, dramaturge, il fut membre de l'association Unimuse, sorte d'académie dont le rayonnement en Wallonie demeure important et qui révéla le grand talent poétique de Colette Nys-Mazure. Sa notoriété littéraire est doublée d'une notoriété politique : il est actuellement échevin (adjoint au maire) à la Ville de Mouscron, chargé de la culture et du travail sous l'étiquette CDH ( l'équivalent en Belgique du MODEM de François Bayrou). A notre connaissance, Michel Franceus n'a rien publié dans les domaines romanesques et poétiques depuis le milieu des années 1990 (sauf, peut-être, dans des revues). Est-il totalement accaparé par son activité d'élu ? Néanmoins, ses préoccupations culturelles l'ont amené récemment à créer avec Jean-Marc Chotteau, une troupe théâtrale franco-belge basée à Tourcoing. En novembre 2006, la pièce « L'Annonce à Guevara » dont il est l'auteur, fut montée à Tourcoing et reçut une critique élogieuse de la presse des deux côtés de la frontière. Signalons aussi deux autres romans : « Chôme-Sud » publié aux éditions du Cerisier en 1986 (toujours disponible en librairie !) et « Un homme à la rue » publié chez Miroirs éditions à Lille en 1991 (malheureusement épuisé).

 

Le héros de ce roman, Jérôme Fleurquin, a le vif sentiment de s'encroûter dans son métier d'enseignant où la routine a pris le dessus après seulement sept ans d'ancienneté. Il souffre aussi d'un entourage de voisins volontiers « concierges » où il étouffe sous le poids des lieux communs. Le moindre échappatoire devient vite le bienvenu.

 

Déjà, il connut une enfance étriquée entre un père garde-champêtre et une mère trop tôt disparue. Mais, la découverte de la littérature française lui offrit une première porte de sortie ; il devint professeur de français au collège d'Avenières (Mouscron ?). Quelques générations d'élèves ont vite fait de miner son idéalisme. Au bord de la dépression, il subit la solitude pesante dans sa chambre meublée chez Mme veuve Dufermont sa logeuse, brave personne au demeurant, mais à la conversation un peu courte...

 

La grisaille à 28 ans ? Pas tout à fait. Thérèse, assistante sociale, suit des cours de théâtre à ses heures perdues. Donc, elle s'intéresse aussi à la littérature, aux arts, aime sortir le week-end et, ce qui ne gâte rien, a de la conversation. Oh, il y a bien quelques disputes sans gravité. Mais, avec elle, il peut sortir la tête hors de l'eau.

 

Au cours d'une virée en baie de Somme, ils apprennent qu'un marin a disparu en mer. Alors que nous sommes en février et que la mer est démontée, les habitants mettent cela sur le compte d'une folie suicidaire (il avait fait une précédente tentative). Son corps est retrouvé quelques jours plus tard au large du Crotoy. Ce fait-divers tragique aura une résonnance inattendue dans l'esprit tourmenté de Jérôme Fleurquin. Il espérait secrètement que ce séjour sur la côte picarde allait renforcer leur liaison et aplanir quelques malentendus. Hélas, rien de tout cela. Il rentre amer en Belgique. Il sent Thérèse trop distante. Ils semblent davantage jouer à s'aimer que s'aimer réellement... Des dernières retrouvailles au parc public d'Avenières n'arrangent rien ; la déception reste vive et Jérôme a déjà l'esprit ailleurs...

 

Ailleurs, dans ses rêves intérieurs loin du monde réel. Il déserte brutalement son métier d'enseignant à la grande stupéfaction de ses collègues et de sa hiérarchie qu'il insulte. Se mettant en congé de la société, il rompt définitivement avec Thérèse. Celle-ci lui envoie une dernière lettre où elle lui propose de reprendre leur liaison sur des bases autres que l'union de deux solitudes. Elle reste évidemment sans réponse.

 

Pour terminer, laissons la parole à Jérôme Fleurquin : «... Dans ces moments de bien-être, je perçois mieux comment ma religion de la réserve m'a laissé au port avec des envies de flibuste sans cesse reculées pour être plus totale ; mais de regarder les caboteurs ne suffit plus, la mer s'avance toujours plus haute ; encore quelques lunes, même le ponton me donnera la nausée ! Je serai le capitaine à vie d'un navire qui n'a jamais navigué ohé ! ohé ! Sans doute, n'ai-je su tirer que la courte paille... » (pages 54 et 55).

 

Le volcan éteint par Bernard TETTELIN

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le volcan eteintLes manuscrits publiés par les maisons d'édition à compte d'auteur sont très souvent de qualité inégale et ont été dans la plupart des cas refusés par les maisons d'édition classiques. Les auteurs paient de fortes sommes pour se faire éditer et diffuser en France. Mais, il arrive que certains d'entre eux réservent de bonnes surprises et auraient mérité en leur temps une meilleure consécration. « LE VOLCAN ETEINT » de Bernard TETTELIN est assurément l'un d'eux. Ce mince volume de 119 pages, classé dans les réserves de la Médiathèque, ne paie pas de mine. Couverture sobre et austère comme tous les livres publiés par « La Pensée Universelle » sauf, à la quatrième page de couverture, une phrase-choc qui interpelle le lecteur curieux : « Quand je perdrai l'espérance, la foi dans la vie, alors je serai devenu vieux ». Elle incite à parcourir l'ouvrage...

 

Que savons-nous de Bernard Tettelin ? A vrai-dire peu de choses. L'auteur est né à Lille en 1946. Devenu professeur de français, il enseigna dans un collège de La Madeleine-lez-Lille. Retraité depuis peu, il publie de manière confidentielle d'autres romans aux éditions de la Margotpierre à Saint-André-lez-Lille.

 

Pourquoi ce titre « Le volcan éteint » ? B. Tettelin nous en explique les raisons en début de volume : « Au fond, c'est à trente ou trente-cinq ans que commence la vie. Les jeunes sont des volcans qui crachent leu feu et vomissent la lave. Mais lorsque le volcan s'est éteint, alors commence la vie et l'on cultive ses flancs, le volcan féconde la vallée. Je veux donc être un volcan éteint pour que vive mon prochain ».

 

Nous sommes en octobre 1978. Yves Méricourt, la trentaine, est professeur principal de collège dans la classe de 3ème C au collège de ***, une classe où l'on parque les élèves difficiles. Parmi eux, Annie Lafarge, 17 ans, qui traîne son ennui depuis plusieurs années avec le vif sentiment que son avenir est déjà bouché. Que faire après le B.E.P.C. (devenu de nos jours Brevet des Collèges) ? Entamer de vagues études dans un lycée professionnel ? Plutôt solitaire, en froid avec ses parents, Annie trouve un peu de réconfort en écoutant les chansons de Jacques Brel qui vient de mourir et aussi avec Pierre Huvelin qui est un bon copain, mais pas vraiment son « petit ami ».

Comme on peut s'y attendre, la classe de 3ème C est continuellement dans le collimateur de l'administration du collège et des parents d'élèves. Le principal finit par demander à Yves Méricourt de se montrer plus sévère et d'enseigner de façon plus magistrale. De plus, un inspecteur d'académie doit prochainement venir dans sa classe. Yves Méricourt décide alors de mobiliser ses élèves en montrant que, s'ils vivent dans un milieu hostile, il continue malgré tout à croire en eux et en leurs capacités.

 

Le jour de l'inspection, l'inspecteur blesse Y. Méricourt en lui reprochant doucement son trop grand idéalisme. Néanmoins, il reconnaît qu'il a su établir un lien entre lui et ses élèves et que, de cette sorte, un enseignement peut passer.

 

Un lien entre lui et ses élèves... Et plus particulièrement entre lui et Annie Lafarge pour qui il éprouve secrètement un « coup de foudre » depuis un exposé en classe sur Jacques Brel. Il réussit à refouler cette passion qu'il sent monter en lui : il a 33 ans et est célibataire ; elle en a 17... Refoulement provisoire. Les attaques du principal et des parents continuent contre Yves. On reproche aussi à ses élèves de s'attarder trop longtemps au bistrot près du collège et de se livrer à des trafics louches. Comme s'il en pouvait quelque chose ! Peu soutenu par ses collègues, il souffre de plus en plus de solitude morale. Sa classe commence à lui échapper ; ses élèves le déçoivent de plus en plus.

 

Cherchant désespérément une « bouée » de survie, il ne cesse de penser à Annie. Yves perd pied et le roman sombre inexorablement dans la tragédie.

 

Laissons au lecteur le soin d'en découvrir l'issue.

 

D'une lecture facile et touchante, ce roman interpellera les quadragénaires qui retrouveront des préoccupations de leur jeunesse. Il a cependant bien vieilli et peut s'adresser aussi à des lycéens d'aujourd'hui qui le liront à cœur ouvert.

 

Les Peupliers de la Prétantaine par Marc BLANCPAIN (Denoël, 1961)

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les peupliers de la pretantaineDisponible à la Médiathèque et à la Bibliothèque annexe du hameau du Poirier, ce roman oublié depuis quelques décennies mérite amplement d'être redécouvert, ne fut-ce parce qu'il est enraciné dans la Thiérache toute proche et qu'il offre une étude de mœurs fort pénétrante d'un milieu fermé, comme pour les films de Claude Chabrol, par exemple, dans le domaine du cinéma.

 

Marc Blancpain, pseudonyme de Marc Benoni, né le 29 septembre 1909 et décédé le 7 avril 2001, a été un écrivain fécond (plus d'une trentaine de romans, d'ouvrages historiques, d'essais...). Originaire du Nouvion-en-Thiérache (nord de l'Aisne), il est vite « monté » à Paris et est devenu secrétaire général (1945) puis président de l'Alliance française de 1976 à 1993 dont l'objectif est la diffusion de la langue et de la civilisation françaises dans le monde par l'intermédiaire de plus de 1000 comités et associations. Très célèbre dans les années 1950 et 1960, on trouve actuellement dans les dictionnaires et encyclopédies peu de notices le concernant car il est, depuis quelque temps, quelque peu oublié...

 

Situé à Tournehéries, un village imaginaire qu'on pourrait situer dans un triangle comprenant Guise, Maubeuge et Hirson, le domaine de la Prétantaine est une vaste exploitation agricole vivant en autarcie dans cette Thiérache encore sauvage et à l'écart des grands axes de communication. A la tête du domaine règne Charles, un rouquin sanguin et barbu, à la fois cassant, ironique et taciturne. Seul maître du lieu après les morts (officiellement) accidentelles de son père Nicolas et de son frère aîné Bréaud, il en impose également sur le plan corporel : sa bedaine est tellement épaisse que la table de chêne de la salle de séjour a été découpée exprès pour y loger son ventre ; c'est sur ce détail que débute le roman.

 

L'action se situe en 1960. Charles est veuf depuis dix ans de Clémence morte tragiquement en pleine jeunesse (son corps a été retrouvé dans un cours d'eau au pied d'une écluse). Officiellement, encore un accident... Sans enfant et ne s'étant pas remarié, Charles reporte son affection sur Jeanne, la fille de Bréaud, seule héritière du domaine.

 

Quant à Marie, vieille dame énergique, elle supervise les tâches ménagères du domaine. D'origine normande, tout comme Clémence qu'elle avait connue, éduquée et dorlotée dès sa plus tendre enfance, elle avait accouru à la Prétantaine lorsque sa protégée lui avait confié ses déceptions peu après son mariage ainsi que son sentiment de solitude morale. Pourtant, la jeune femme avait réussi à illuminer de sa présence une demeure que les gens du pays avaient surnommée « la maison des ours ». Nicolas et Bréaud, notamment, étaient tombés sous le charme.

Depuis la disparition brutale de Clémence, Marie avait toujours soupçonné Charles, qu'elle n'a jamais aimé, d'avoir tué sa femme par jalousie ainsi que son père et son frère pour prendre possession rapidement du domaine.

 

Un jour, Charles annonce à table son départ prochain avec un groupe d'agronomes et d'agriculteurs pour la Hollande afin de se former pour moderniser son exploitation. Marie profite alors de l'absence du « patriarche » pour se décider à mener sa propre enquête. Un matin, elle fait le ménage dans la chambre de Raymond surnommé « le baron », un Ardennais de 48 ans solide à la tâche, bien formé dans une école d'agriculture, à la fois adjoint et « souffre-douleur » de Charles. Elle y découvre, bien cachés, huit lingots d'or... Raymond exerçait-il un chantage sur Charles ?

 

Un peu plus tard, c'est dans la chambre de Norbert, jeune homme de 23 ans, dégourdi, rentrant tout juste de son service militaire en Algérie, qu'elle découvre une photographie étrange datant de septembre 1949 faisant figurer Norbert, alors âgé de 13 ans, en compagnie de Clémence et d'un homme jeune qu'elle identifiera bientôt : Etienne Delameuse, un avoué de Valenciennes. A l'époque, il se rendait souvent à la Prétantaine en fin de semaine afin de profiter des étangs poissonneux. Mais, y venait-il uniquement pour pêcher ?

Et que dire du médecin de Tournehéries, Lederup, qui connut quelques ennuis à la Libération en 1944 ? Il était présent lors de la découverte des corps sans vie de Nicolas et de Bréaud. Cache-t-il quelque chose ?

 

Outre une réelle intensité dramatique, il règne constamment dans ce roman une atmosphère lourde et poisseuse, comme dans certaines œuvres de Georges Simenon. Que de secrets enfouis dans les cœurs ! Mais que les amoureux de l'Avesnois et de la Thiérache se rassurent : ils y trouveront, aussi au fil des pages, des témoignages d'un art de vivre dans une région où les notions de solidarité et de goût du travail bien fait ne sont pas de vains mots.

 

Avec l'analyse de ce roman, nous laisserons le dernier mot à Marc Blancpain. Il écrit ceci dans sa préface aux « Peupliers de la Prétantaine » : « tu n'es pas, me suis-je reproché, un auteur à la mode ; tes paysans ne vivent pas en Provence et il leur arrive d'être beaux et propres et d'avoir du jugement... Pour moi, il y a une réalité paysanne et un fantastique au ras de la terre féconde, qui sont fort éloignés des poncifs à la mode, mais qui sont... Je m'y tiens encore dans ce récit ».

 

D'autres ouvrages de Marc Blancpain (romans et récits historiques) sont disponibles en Médiathèque. N'hésitez pas à vous y renseigner.

Enfin, signalons qu'une adaptation télévisée en six épisodes de ce roman a été réalisée en 1975 par Jean Herman avec le concours de Marc Blancpain pour les dialogues. On note la présence d'acteurs renommés de l'époque : Jacques Alric (Charles), Catherine Hubeau (Clémence), Vania Villers (Etienne Delameuse), François Maistre (Lederup) entre autres... Cette adaptation a été diffusée sur FR3 fin 1975-début 1976 (renseignements aimablement communiqués par M. Jean-Noël Marquet de l'I.N.A. Nord à Lille).

 

La gloire ne fait pas le bonheur par Jean-Marie TARDIEU.(La Pensée Universelle, 1979).

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la gloire ne fait pas le bonheurTout comme pour Bernard TETTELIN, voici un autre roman publié à « La Pensée Universelle » fin 1979 qui aurait mérité un meilleur sort. A notre connaissance, il s'agit du seul roman de l'auteur qui ne connut qu'une gloire fugitive durant les premiers mois de 1980 dans notre région. Publié à compte d'auteur, sa diffusion dut être confidentielle, ce qui n'empêcha pas les responsables de l'association du Centre Culturel Pablo-Picasso de Trith-Saint-Léger de le remarquer et de l'acheter pour la bibliothèque, logée à l'époque au château Alnot.

 

C'est ce coup d'essai –à notre sens réussi- que nous saluons en ce mois de mars 2010 pour le présenter aux lecteurs. Emergé des rayons de la réserve de la médiathèque Gustave-Ansart lors d'un récent reclassement, sa lecture a procuré un vif intérêt à l'auteur de ses lignes. Il a apprécié également la fraîcheur du style et le romantisme juvénile dans les réactions de quelques personnages. Un roman aux multiples rebondissements qui l'a amené à en savoir plus sur l'auteur.

 

Grâce à l'amabilité du personnel de la bibliothèque multimédia de Valenciennes, une recherche effectuée dans les collections de « La Voix du Nord » de janvier 1980 a permis de retrouver, à la date du 10 janvier, un article de présentation du roman avec une photo de l'auteur. Né en 1949 à Boulogne-sur-Mer, il émigra jeune vers le Valenciennois et demeura à Raismes. Après quelques essais en tant que parolier, où il n'eut malheureusement aucun succès, il trouva un emploi d'informaticien à la Franco-Belge (actuellement Alsthom). Mais le démon (bienfaisant !) de l'écriture le titille et voici donc ce roman sur les rayons des librairies.

 

L'action se situe dans notre région. Le soir de la Saint-Nicolas (6 décembre), une bande de copains-copines doit se réunir chez Fred, un cafetier qui s'est mis en quatre pour mitonner un excellent repas. Alain et Bernadette, Daniel et Rosine, Bernard et Thérèse, Christian et Brigitte vont sûrement passer un bon moment ensemble. Tout le monde est là et semble de bon humeur ... ou presque. Il manque Brigitte et cela jette une ombre sur la gaieté ambiante ; Christian se morfond...

 

Le lendemain, Christian Ternier et le groupe apprennent l'affreuse nouvelle : Brigitte, en les rejoignant, a été renversée par la remorque d'un camion. La mort a été instantanée. Le ciel tombe sur la tête de Christian. Prostré, enfermé dans sa chambre, hors d'état d'assister aux funérailles de son amie fauchée injustement à 18 ans, il entre dans une profonde dépression et se coupe de son entourage. Quelques jours plus tard, muni de barbituriques, il se rend nuitamment au cimetière de la ville, s'allonge sur la dalle de la tombe de Brigitte Lambier. Avec une froide détermination, il avale une importante quantité de cachets. Puis, plus rien ... Jusqu'à ce réveil à l'hôpital. Il a été miraculeusement sauvé par le gardien du cimetière qui commença son service plus tôt ... et par le repas copieux pris la veille et qui a ralenti l'effet mortel des somnifères.

 

Entouré de l'affection des siens, Christian décide de remonter la pente. Il se jette à corps perdu dans la pratique du football dont il est déjà un excellent avant-centre de l'équipe de la ville jouant en division d'honneur. Il participe à un tournoi au Touquet, le mois de janvier suivant ce tragique 6 décembre. En souvenir de Brigitte, il se surpasse en étant l'artisan principal de la victoire de son équipe.

 

Peu après, il est contacté par le recruteur de l'équipe de Boulogne-sur-Mer évoluant en seconde division professionnelle (actuelle Ligue 2). Un contrat alléchant lui est proposé ; il y répond favorablement. Après d'heureuses péripéties – où il travaille dur sa technique et ses dribbles pour se mettre à niveau – il devient titulaire dans l'équipe. La finale de la Coupe de France, la montée en première division, la sélection en équipe de France, le transfert à Atvidaberg, une équipe suédoise de premier plan, constituent autant d'étapes d'une marche triomphale. Il a tout pour être heureux... Mais Brigitte n'est plus de ce monde. Décidément, la gloire ne fait pas le bonheur !

 

Ce livre pourrait faire l'objet d'une adaptation pour un téléfilm tant les dialogues sont alertes, vifs et directs. Bien qu'il ait été publié il y a trente ans, il reste un livre abordable pour les adolescents du niveau lycée qui y retrouveront peut-être, au travers de certains des personnages, les réactions qu'eux-mêmes auraient eu face à quelques situations décrites.

 

L'amour, l'amitié et le refus de la médiocrité sont bien au centre de ce roman.

 

Il est à regretter que l'auteur n'ait pas pu transformer cet essai prometteur. La difficulté de se faire éditer doit y être sans doute pour quelque chose...

 

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